! OUAF !

Journal

01 avril 2009

Du thé, contre vent ... et taré

Revenant à contre vent de l'autre bout de la promenade du bord de mer, je marchais d'un pas franc et décidé vers l'idée d'un thé à l'approche des dix-sept heures de cette journée de mars, quand je croisai un pépé, pas encore courbé mais plus très droit, qui se laissait porter dans l’autre sens par ce même vent que j'affrontais.

Depuis des années, en relation avec un évènement que je relaterai ici peut être un jour et qui n’est pas sans rapport avec ce qui suit, j'ai l'habitude de toujours regarder franchement les gens que je croise et de ne jamais avoir l'air dans la lune dans la rue. Donc ce jour à peine finissant, alors que je regardai le passant que je m'apprêtai à croiser, il me regarda et se mit à sourire gentiment. Il était grand et maigre, convenablement vêtu, d’allure insignifiante, il avait l'air allumé. J'eus la vague impression en y repensant qu'il semblait parti à l'ouest depuis déjà un bon peu sans forcément vérifier la boussole. Comme je pouvais me tromper et que ce passant hagard pouvait être un touriste perdu sur la jetée trop loin des restaurants, qu'il pouvait aussi être un brave type qui cherche une rue, et que je persiste à croire que l'âme humaine n'est pas toujours noire et pourrie, je lui rendis son sourire.
Quand nous nous croisâmes, son pas se dirigea vers moi et il me dit :
- Excusez-moi
Je répondis en ralentissant mais en gardant mes distances alors qu’il revenait maintenant sur ses pas :
- Oui?
Son visage changea en une expression qui ne trompait pas, il n'était ni perdu ni avec l'âme sereine.
- Je m'appelle Patrick et ...
- C'est bien, lui coupai-je avec le sourire et une voix douce, mais ça n'est pas mon problème, au revoir.
Et je repris ma démarche franche en lui tournant le dos, le temps de faire trois pas et j'entendis:
- Salope !

salope

Contente du geste que je lui infligeai et qui n’était pourtant pas du tout dans mes habitudes relationnelles publiques, sans même prendre la peine de me retourner, je repris mon chemin vers l'idée de l’Earl Grey à la bergamote qui m’occupait l’esprit l’instant d’avant, auquel j'avoue avoir ajouté des palmiers feuilletés sucrés.

Medusa Arte

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